Ce billet est le second d'une série qui raconte mon ascension de l'Aconcagua du 4 au 16 janvier 2015.
Cliquez sur le lien suivant pour lire la première partie le trek, et ici pour les photos.


5ème jour : Plaza de Mulas (4300m) - Canada (5000m) - Plaza de Mulas

Une mauvaise nouvelle nous attend lorsque nous nous retrouvons pour le petit déjeuner ce matin. Francisco est malade, un problème au poumon, et ne va donc pas pouvoir monter au camp 1 pour y déposer nourriture et matériel. Il va même devoir redescendre. Tous les problèmes de santé, même minimes, que nous pouvons avoir ne feront en effet qu'empirer avec l'altitude. Sebastian restant avec lui pour aller voir le médecin., c'est donc à trois, avec Eduardo et Olivier, que nous partons en direction de Canada, le premier camp d'altitude, situé à 5000 mètres.

A vol de condor, Canada est tout proche de Plaza de Mulas. Juste au-dessus en fait, 700 mètres plus haut exactement. A peine sortis du camp de base, nous traversons une zone de pénitents (des formations de glace semblables à des stalactites) et entamons la raide montée. Nous adoptons un rythme très lent que nous conserverons toute la suite de l'expédition. C'est là une des clés de la réussite d'une ascension à ces altitudes. A 5000 mètres, il y a deux fois moins d'oxygène dans l'air qu'au niveau de la mer. La respiration est difficile et le poids des sacs-à-dos n'aide pas. Mais même à pas de tortue, nous progressons relativement rapidement.

En-dessous de nous s'étend Plaza de Mulas. Ce camp, perché à plus de 4000 mètres et entourés de sommets de plus de 5000 mètres paraît encore plus grand vu d'en-haut. Au-dessus, tout n'est que pierres et poussière, et notre horizon se limite à une arête encore lointaine, derrière laquelle se trouve l'objectif du jour.
A 4560 mètres, nous dépassons l'altitude de la Zumsteinspitze. Pour Olivier, chaque pas sera désormais un record d'altitude. Nous atteignons plus tard les 4810 mètres du Mont Blanc, et après deux heures et demi d'ascension, nous arrivons enfin à Canada. Nous choisissons deux emplacements et répartissons les 2 tentes, les crampons, les bouteilles de gaz et les sacs de nourritures à l'intérieur de deux bâches que nous recouvrons de pierres.

Après le pique-nique, nous nous renseignons sur la situation des névés. Nous allons en effet avoir besoin de neige pour faire de l'eau et cette année, la neige semble bien moins présente qu'auparavant. Mais il y a un petit névé à quelques centaines de mètres, ça fera l'affaire. Il est ensuite temps de redescendre. Avec les sacs vides et en glissant plus qu'en marchant, nous ne mettons seulement qu'une heure pour retrouver le camp de base.

De retour à Plaza de Mulas, nous apprenons que Francisco a du liquide dans un poumon. Il fait un début d’œdème pulmonaire... Il va beaucoup mieux depuis que le médecin lui a fait une piqûre mais il doit redescendre en hélicoptère dès ce soir. Il est désormais en relativement bonne forme et une personne de Lanko l'attendra à l'entrée du parc à la descente de l'hélico. Mais malgré son autorisation parentale lui ayant permis en tant que mineur de rentrer seul dans le parc, les gardes obligent Sebastian à l'accompagner pour en sortir. Nous saluons Francisco une dernière fois et regardons l'hélicoptère décoller puis disparaître derrière la montagne. Le vol retour n'est pas inclus pour Sebastian. Il passera la nuit à Penitentes et devra revenir à pied demain ! Pour Eduardo, Olivier et moi, ce sera donc un jour de repos supplémentaire au camp de base.


6ème jour : Repos à Plaza de Mulas (4300m)

Vendredi 9 janvier 2015, cela fait pile un an que je suis en Argentine ! Et pour l'occasion, j'ai eu droit à une véritable nuit de repos. Pour la première fois depuis que nous sommes à Plaza de Mulas, le vent s'est en effet calmé, ce qui nous a permis de beaucoup mieux dormir. En revanche, j'ai l'impression qu'il fait chaque nuit de plus en plus froid. Toujours sous la tente, je rassemble puis enfile toutes mes couches de vêtements. Mine de rien, à cette altitude, cette petite gymnastique requiert plus d'efforts qu'elle n'en a l'air et lorsque je sors enfin au grand air, c'est essoufflé et avec un petit mal au crâne.

Dans la tente comedor, le jus d'orange gèle. Nous attendons avec impatience le bidon d'eau chaude qui nous délivrera du froid ! Thé, café, chocolat et lait en poudre, corn flakes, tartines, confiture et dulce de leche, le choix est plus grand que dans certaines auberges. Nous n'avons rien à faire aujourd'hui aussi nous prenons notre temps, au moins jusqu'à ce que le Soleil réchauffe un peu plus l'air à l'extérieur. Nous passons la matinée à lire et à nous promener dans le camp. Olivier et moi profitons également de cette dernière journée au camp de base pour envoyer quelques nouvelles par Internet. Mais au prix de la connexion et avec un si faible débit, nous n'essayons pas de savoir ce qui se passe en bas, dans cet autre monde que nous avons quitté il y a déjà 5 jours...

L'après-midi, après une petite sieste sous la tente cette fois-ci bien chauffée par le Soleil, nous entendons une voix familière. "¡Y CLARO!", c'est Sebastian qui revient. Il est 15 heures, nous ne l'attendions pas si tôt ! Parti à 9 heures du matin, il n'a donc mis que 6 heures pour venir à pied depuis l'entrée du parc, un record. Ce n'est pas une journée de repos pour tout le monde... Après nous avoir rassuré sur l'état de santé de Francisco, il file s'allonger sous sa tente. Quant à Olivier et moi, nous partons explorer les alentours du camp, en direction de l'ancien hôtel.

Cet hôtel, fermé depuis quelques années, est situé à une vingtaine de minutes à pied. Il s'agissait d'un refuge de luxe pour andinistes fortunés, mais apparemment ces derniers n'ont pas été assez nombreux, ou alors ils n'étaient pas à la recherche d'autant de confort pour une telle expédition. Il nous offre en tout cas une occasion de nous dégourdir les jambes, et une nouvelle vue sur Plaza de Mulas.

Nous nous apprêtons à passer notre dernière nuit au camp de base. Une fois le Soleil couché, j'essaye de rester dehors pour faire quelques photos nocturnes, mais il fait vraiment trop froid pour rester immobile à l'extérieur. Je m'empresse de gagner mon sac de couchage. Demain, la véritable ascension commence.


7ème jour : Plaza de Mulas (4300m) - Canada (5000m)

Le beau temps est encore au rendez-vous aujourd’hui et c'est donc sous le Soleil que nous préparons nos sacs pour partir à Canada. Nous laissons au camp de base toutes les affaires de trekking et n'emportons que le strict nécessaire, c'est-à-dire les habits qui nous permettront de résister au grand froid. L'été, il n'est pas rare que la température descende sous les -30°C. Pas question alors d'oublier ses chaussettes ou ses gants. La sanction serait immédiate : demi-tour obligatoire et fin de l'expédition.

Pendant que nous vérifions que nous n'oublions rien, nous apercevons redescendre un des gars du groupe de Porteños avec qui nous partageons les repas. Eux sont montés hier à Canada, et comptent déjà un premier abandon. Damian n'arrivait pas à dormir à cause de l'altitude à Plaza de Mulas. La nuit passée à Canada semble avoir été la nuit de trop. Il ne foulera malheureusement pas le sommet de l'Aconcagua. Quant à nous, nous continuons d'espérer que nos organismes supporteront l'altitude au-delà des 5000 mètres.

Après un dernier au revoir à l'équipe de Lanko, nous nous mettons enfin en marche. La prochaine fois que nous reviendrons à Plaza de Mulas, ce sera une fois l'ascension réussie, ou pas. Sebastian, qui doit en plus de ses affaires porter ses crampons et la nourriture qu'il n'a pas pu monter l'avant-veille, imprime un rythme encore plus lent. Mais après tout, rien ne sert de courir, il faut partir à poil à point !

Nous arrivons au bout de 4 heures à Canada. Premier constat : il n'y a pas beaucoup de tentes. Second constat : cela n'a pas empêché certains de déplacer une de nos réserves et de nous voler un de nos deux emplacements ! Nous montons donc la tente un peu plus loin.
Une fois les tentes prêtes, nous nous reposons un peu et en profitons pour discuter avec un Américain qui fait l'ascension en solo. Eduardo essaye de lui négocier l'achat de sa tente après l'expédition. De nombreuses personnes revendent en effet leur matériel au retour de l'Aconcagua et il y a de bonnes occasions à faire pour les Argentins (Décathlon n'existe pas en Argentine, et les produits importés sont difficiles à trouver et à des prix souvent plus chers qu'en Europe, donc inaccessibles pour les salaires locaux). Finalement, je crois que le deal ne s'est pas fait.

Il est temps ensuite d'aller chercher de la neige pour faire de l'eau. Un petit filet d'eau s'écoule encore du névé donc nous nous contenterons de remplir les bidons directement. C'est toujours ça d'effort et de temps de gagnés. Malgré l'utilisation d'un filtre à café, l'eau est chargée en particules. Espérons au moins qu'elle ne nous rendra pas malade.
Sebastian nous prépare ensuite un sachet de pâtes avec le seul réchaud dont nous disposons. Cela nous fera le dîner, que chaque binôme partage dans sa tente avec du pâté et quelques biscuits.

Malgré la fatigue, nous ne pouvons pas manquer le spectacle qui s'offre à nous après le repas. Le coucher de Soleil est magnifique, Sebastian nous avait d'ailleurs prévenu. Assis sur une crête, le camp d'un côté et le vide de l'autre, nous n'en perdons pas une miette. Nous contemplons le ciel, les nuages et les montagnes s'illuminer de rouge, d'orange de violet jusqu'à ce que le Soleil disparaisse de ce paysage irréel et que la température tombe brutalement. Allez hop, sous la tente !


8ème jour : Canada (5000m) - Nido de Condores (5500m)

Cette journée s'annonce semblable à la précédente : une courte ascension pour atteindre le camp suivant. Le camp 2, Nido de Condores, se trouve à 5500 mètres d'altitude. Cela ne fait donc que 500 mètres de dénivelé à gravir aujourd'hui, mais avec 2 difficultés supplémentaires par rapport à hier : l'altitude (forcément) et le poids des sacs. Cette fois-ci, un seul voyage est prévu. Il nous faut donc ajouter au poids des sacs d'hier l'équivalent d'une moitié de tente par personne, plus les crampons, le gaz et la nourriture. Nous décidons d'ailleurs de nous alléger un peu en laissant quelques sachets de nourriture à Canada. Nous les récupérerons, avec les déchets de la veille, à notre retour.

Le sac est malgré tout très lourd et la montée difficile. Nous poursuivons tout doucement, pas après pas. Un toutes les 3 ou 4 secondes environ. Et chaque heure, une petite pause pour boire et manger un peu. Comme hier, nous montons en lacets un chemin de terre et de pierres. En réalité, il y a une multitude de chemins différents qui se coupent et se recoupent sur le flanc de la montagne. Chaque expédition suit le sien, ce qui évite quelques arrêts pour laisser passer un groupe qui monte plus vite ou un autre qui descend.
Parmi ceux qui montent, nombreux sont ceux qui ont fait appel à des porteurs. Parmi ceux qui descendent, je me demande combien ont réussi à atteindre le sommet ?

Après 3 heures et demi d'ascension, la pente s'adoucit et le chemin débouche sur un plateau : nous sommes enfin à Nido de Condores. Je suis essoufflé et j'ai mal à la tête, mais l'heure du repos n'est pas venue. Nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un emplacement pour monter les tentes. Trouver une place n'est pas difficile, l'endroit est immense et les nombreuses tentes présentes sont éparpillées un peu partout. Malheureusement, les emplacements viennent parfois accompagnés de quelques ordures. Comment peut-on s'économiser l'effort de redescendre ses poubelles dans un lieu pareil ?
Nous montons les tentes puis déjeunons. Il nous reste alors à aller chercher de l'eau, ce qui pourrait s'avérer plus compliqué que prévu. Sebastian n'a jamais vu aussi peu de neige à Nido de Condores. Nous finissons quand même par trouver une lagune et remplissons nos gourdes après avoir brisé la glace à la surface.

La journée se termine allongé dans la tente, à boire et à se reposer. Pour l'instant, le programme est le suivant : repos le lendemain et ascension finale le jour suivant. L'idée serait donc de ne pas monter au troisième camp et d'éviter ainsi de passer une nuit à 6000 mètres. A cette altitude, la nuit ne serait en effet pas réparatrice. Comme nous marchons bien, selon Sebastian, nous tenterions l'ascension directement depuis Nido de Condores. Nous partirions plus tôt dans la nuit pour compenser les 2 ou 3 heures de marche supplémentaires. Nous nous couchons donc pour ce qui devrait être notre dernière nuit complète avant l'ascension.


9ème jour : Repos à Nido de Condores (5500m)

J'ai eu très froid cette nuit, malgré deux couches de vêtements (première peau + polaire) et le sac de couchage. L'eau chaude de la veille a gelé dans les gourdes. De même que le contenu de la bouteille que j'utilise pour éviter de sortir de la tente pour aller aux toilettes en pleine nuit. D'ailleurs, en parlant de toilettes, il n'y en a pas dans les camps d'altitude. Au check-in de Plaza de Mulas, on nous a remis à chacun un nouveau sac en plastique numéroté pour cet usage. Nous devrons le déposer dans des containers prévus à cet effet au retour afin de pouvoir faire le check-out. Mais comme pour les ordures, certaines personnes ont visiblement décidé de s'épargner quelques efforts supplémentaires au détriment de la propreté de la montagne.

Le paysage qui nous entoure est lunaire. Nous sommes sur un plateau battu par les vents, parsemé de blocs de pierre plus ou moins gros. A l'Est se dresse l'Aconcagua, la pointe Sud plus précisément, mais elle est maintenant cachée par les nuages. Dans les autres directions, des sommets nous entourent à perte de vue. Des plus hauts descendent des glaciers. Les autres n'arborent tout au plus que quelques névés. Parmi eux, nous distinguons le Mercedario situé dans la province voisine de San Juan. Avec ses 6720 mètres d'altitude, il fait partie des 13 sommets andins de plus de 6500 mètres.

Vers 13 heures le temps se gâte et il commence à neiger de plus en plus fort. Sebastian qui a pris connaissance de la météo pour les jours à venir nous informe qu'il pourrait désormais neiger tous les jours, chaque jour un peu plus tôt. Dans ces conditions, nous n'avons pas le choix. Il nous faut absolument tenter le sommet demain si nous voulons avoir une chance de réussir. Sebastian décide alors de monter au camp supérieur cet après-midi et de partir pour le sommet cette nuit. Quelques minutes plus tard, changement de plan. Nous partons toujours cette nuit, mais depuis Nido de Condores. Il nous faudra donc partir plus tôt (vers 3h30 du matin) mais nous pourrons nous reposer cet après-midi. Alors que nous nous préparons pour l'ascension finale, Sebastian revient une nouvelle fois vers notre tente. La météo est maintenant trop mauvaise pour tenter le sommet demain. Nous monterons donc au camp n°3, Colera, y passerons une courte nuit à 6000 mètres et partirons pour le sommet le 14 janvier. Ce programme ne changera plus.
Pendant ce temps, après deux heures de tempête, le Soleil revient. Le camp est maintenant recouvert d'une couche de neige que le vent ne tardera cependant pas à balayer. C'est le bon moment pour aller s'approvisionner en eau.

Quelques ennuis gastriques nous laissent penser que l'eau n'était pas très bonne. Nous marchons cette fois beaucoup plus loin avec Sebastian et Eduardo à la recherche d'une eau un peu plus pure. Au final, elle ne s'avérera pas meilleure et nous ne retrouverons une digestion normale qu'au retour à Plaza de Mulas.
A cette altitude, l'organisme est quelque peu perturbé et nous n'avons pas faim. Nous mangeons bien sûr pour prendre des forces mais en quantités relativement faible. Demain encore nous laisserons un peu de nourriture à Nido de Condores pour alléger un petit peu les sacs-à-dos.


10ème jour : Nido de Condores (5500m) - Colera (5900m)

Après le petit déjeuner, nous démontons une nouvelle fois les deux tentes, faisons les sacs et partons toujours plus haut, mais toujours aussi lentement. Nous laissons de côté le sentier qui mène à Berlin, un refuge situé lui aussi à 6000 mètres environ. Certaines parties du chemin très raides et glissantes sont difficiles à négocier et il n'est pas toujours évident de garder l'équilibre pour ne pas se faire emporter par le sac-à-dos. Je m'imagine déjà comment ces passages vont être délicats lors du retour, en descente, sans compter la fatigue accumulée.

Nous parvenons tout de même à Colera, le dernier camp d'altitude, après 3 heures de marche. Pour gagner du temps, Olivier et Sebastian s'occupent de monter les tentes pendant que je vais chercher de la neige avec Eduardo. Ici encore la neige est rare et tout le monde vient puiser dans le même névé une neige qui ne doit plus être pure depuis un moment. Nous en remplissons un grand sac et l'apportons jusqu'aux tentes.
En chemin, nous croisons un groupe d'Argentins qui reviennent du sommet. Enfin presque, ils ont dû renoncer à 100 mètres du but à cause du brouillard. Malheureusement, l'aventure est finie pour eux. En manque de jours de congés, ils doivent redescendre dès demain. Déçus mais pas frustrés, ils prennent cela avec philosophie. C'est la loi de la montagne, et continuer dans le mauvais temps aurait tout simplement pu leur coûter la vie. J'espère pouvoir rester positif comme eux si pour une quelconque raison j'échouais demain. Même si je suis parti en sachant bien qu'il pourrait y avoir 1000 raisons de ne pas aller jusqu'au bout, et que l'expérience serait exceptionnelle quoi qu'il arrive, j'ai plus que jamais envie d'atteindre le sommet. Je ne peux pas envisager de passer à côté maintenant que nous sommes si près de l'objectif.
Nous retrouvons parmi nos voisins du jour les 4 Porteños restants. Arrivés la veille ils avaient prévu de tenter le sommet aujourd'hui mais ont sous-estimé le temps nécessaire pour obtenir de l'eau liquide en faisant fondre de la neige. Une fois prêts à partir, il était déjà trop tard pour espérer arriver au sommet suffisamment tôt pour avoir le temps ensuite de redescendre. Dommage, une nuit passée à 6000 mètres pour rien ! Décidément, aujourd'hui n'était le jour pour réussir l'ascension...

Pour nous, le réveil est prévu à 4 heures et le départ à 5. Avec l'altitude, le stress et l'excitation, on ne s'attend pas à vraiment dormir cette nuit. Tâchons au moins de nous reposer au maximum. A partir de maintenant, chaque détail compte. On se prépare déjà pour affronter le "réveil" glacial qui nous attend dans quelques heures. Malgré la nuit, le froid et les effets de l'altitude, il nous faudra ne pas perdre de temps et ne rien oublier !

Je sors une dernière fois de la tente. Dans le ciel, un immense nuage à la forme vraiment particulière attire mon attention. Est-ce signe de beau temps ? de mauvais temps ? de rien du tout ? De toute façon, l'ascension est pour demain et il nous faudra faire avec la météo du jour, quelle qu'elle soit. Quant à nous, sommes-nous suffisamment préparés pour le défi qui nous attend ? Physiquement comme mentalement ? Et dans le cas contraire, serons-nous capables de renoncer et de faire demi-tour ? Beaucoup de doutes et de questions qui trouveront enfin une réponse demain.

A suivre...