En préparant le voyage, avant de partir, j'avais regardé par curiosité le niveau en alpinisme/andinisme nécessaire pour faire l'ascension de l'Aconcagua (6962 mètres), le plus haut sommet d'Amérique, et même le plus haut sommet sur Terre hors Himalaya. J'avais été surpris d'apprendre que l'ascension ne présentait pas de difficulté technique particulière. Ce qui est difficile, en revanche, ce sont les conditions climatiques et les effets de l'altitude. Avec un peu plus d'expérience, je pourrai peut-être l'envisager un jour, lors d'un autre voyage... Mais à Torres del Paine j'ai rencontré Jose et Miguel, deux Espagnols qui préparaient l'ascension de l'Aconcagua, et qui m'ont décidé à tenter la course d'acclimatation (à 5000 mètres d'altitude environ), nécessaire avant d'entreprendre éventuellement l'ascension.

De retour d'Antarctique (et n'ayant plus mal au pied), je saute donc dans un avion pour Mendoza (via Buenos Aires), dans le centre-ouest de l'Argentine, à proximité du parc provincial Aconcagua. Après quelques jours de randonnée en altitude, je suis fin prêt pour partir du Puente del Inca (2725 mètres) avec Jose, Miguel, Jim et Nicole (un couple d'Anglais) et Matias et Juan, nos deux guides argentins.

Le premier soir, nous plantons les tentes à Plaza de Mulas (4370 mètres), le deuxième plus grand camp de base après celui de l'Everest. Jusque là, rien à signaler, les choses sérieuses commencent le jour suivant. Nous arrivons ce soir-là au Nido de Condores à 5380 mètres d'altitude. Le chemin n'est pas difficile (principalement des cailloux, avec quelques névés à traverser) mais le manque d'oxygène commence à se faire sentir dès l'après-midi, en plus de la fatigue accumulée depuis deux jours. De là, la vue sur les Andes est magnifique et nous pouvons contempler plusieurs sommets dépassant les 6500 mètres. Le lendemain nous partons à 3 heures du matin avec des sacs allégés en direction du sommet. Après avoir passé le refuge Independencia, nous chaussons les crampons et nous nous encordons pour une longue traversée de glacier pendant laquelle nous profitons du lever du Soleil pour enfin nous réchauffer. Une fois le glacier passé, il nous reste encore 500 mètres de dénivelé pour atteindre le sommet. Chaque pas est difficile mais la volonté est la plus forte, et nous nous retrouvons tous les sept en haut vers 10h30. Durant la matinée, les nuages nous ont rejoints et malgré le vent qui souffle assez fort, la vue est désormais en partie bouchée. Mais peu importe, nous sommes au sommet de l'Aconcagua, presque à 7000 mètres !!! Le temps de prendre quelques photos et de signer le livre d'or (!), nous entamons déjà la descente. Le retour se passe sans incident (mises à part quelques averses de pluie et de neige), et après une dernière soirée ensemble à Puente del Inca, nous quittons nos guides pour retourner à Mendoza.

Après avoir posé les pieds en Antarctique, je m'inquiétais sur ce que je pourrais faire ensuite de toujours plus excitant, et finalement, il n'a pas fallu longtemps pour trouver. Et je n'ai toujours pas vu les plus beaux paysages du monde en Bolivie ! Mais pour l'instant, je me dirige vers Buenos Aires, pour une semaine un peu plus reposante.

L'Aconcagua
En bas (c'est pas gagné)
King of the world
Au sommet (comme un poisson dans l'eau)

PS: plus de photos très bientôt !