La nuit je prends des cars à travers la plaine. Et le jour aussi car la nuit ne suffit pas. Il m'a fallu environ 20 heures de trajet pour couvrir les plus de 1500 kilomètres qui séparent San Luis de San Carlos de Bariloche, avec un changement à San Rafael. Je sais que ça en ferait fuir certains mais finalement ça se passe plutôt bien, à dormir ou somnoler, à regarder le paysage, ou des films, confortablement engourdi dans son siège inclinable (semi-cama). Jusqu'à ce qu'on entende un grand choc à l'arrière du car et que celui-ci s'immobilise quelques dizaines de mètres plus loin. Crevaison... Arrêt forcé en plein milieu de la route, elle-même en plein milieu de nulle part, pour une réparation de fortune qui oblige les autres véhicules à nous contourner en passant dans l'herbe. Au bout d'une heure, nous repartons, mais à 30 ou 40 km/h. J'ai bien crû louper ma correspondance lorsqu'après une heure et demi à cette allure, on nous fait monter dans un autre car. Finalement je suis arrivé à San Rafael à temps, et 14 heures plus tard, en début d'après-midi, à Bariloche.

Bariloche est la principale destination touristique des Argentins. Cela pourrait être une ville suisse, avec ses très belles maisons à flanc de montagne et vue sur le lac Nahuel Huapi et les sommets enneigés qui le bordent. La rue principale est remplie de boutiques de souvenirs et d'agences de voyage. Après San Luis, c'est un dépaysement à l'envers ! La ville est pleine de touristes (et les touristes, quand il n'y en a qu'un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes).

Plutôt que de monter à pied en 20 minutes le Cerro Campanario pour admirer la vue (classée comme l'une des dix plus belles du monde par le National Geographic), ils font la queue pour monter en télésiège et se faire photographier à l'arrivée. Je vous rassure, je suis monté à pied. Deux fois même, car le premier jour le temps était gris. J'y suis donc retourné un jour plus ensoleillé avec Alex, un cuistot français avec qui je vais partager un bout de route. Les montagnes au fond sont cependant restées dans la brume.

Auparavant, j'ai visité (en télésiège cette fois-ci mais je n'aurais pas eu le temps autrement) Catedral, la station de ski de Bariloche, et l'une des plus importantes d'Amérique du Sud.

Quant à la route des sept lacs entre Bariloche et Saint Martin des Andes, je n'ai rencontré personne pour louer une voiture pour la faire, et les excursions "usines à touristes" m'ont fait un peu peur. Ce sera pour une prochaine fois.

Les randonnées ne manquent pas à Bariloche, sans compter les autres sports comme le rafting. Mais les occasions devraient se représenter, et dans des lieux un peu moins touristiques. La randonnée est d'ailleurs l'activité principale de ma prochaine étape, El Chalten, capitale argentine du trekking, toujours plus au Sud, où je me rends en compagnie d'Alex.