De retour du continent blanc, j'ai été soigner pendant une semaine mon "Antarctique blues" en compagnie de Mariana à Buenos Aires, la plus grande colonie d'humains du pays. Merci à tous ceux qui n'ont pas douté de ma capacité surhumaine à passer de 0 à 7000 mètres d'altitude en 3 jours mais l'ascension de l'Aconcagua était malheureusement un poisson d'avril, pour cette fois ! 

Librairie Ateneo, Recoleta
Cimetière de la Recoleta

Le retour à la réalité s'est très bien passé, même si j'ai remis à plus tard ma reprise du "backpacker way of life". C'était en effet incompatible avec les chaleureux accueils de Douglas (un compagnon de bord du Plancius) à Palermo et d'Enzo (un cousin de Mariana) et Daniela à Belgrano. J'ai bien dormi deux nuits dans une auberge dans le quartier de la Recoleta mais c'était dans une chambre, qui avait en plus une salle de bain privée ! Côté repas, entre les restos et les asados, ce n'était pas non plus très backpacker tous les jours...

La Boca

J'ai tout de même repris ma vie de touriste et mes longues marches à travers la ville. J'avais déjà fait le tour du micro-centro lors de mon premier et bref passage dans la capitale. Cette fois-ci, je me suis promené dans les quartiers périphériques. Palermo, le quartier chic, tendance et très vert. Comme si tous les parcs de la ville avaient été regroupés dans le même quartier... J'exagère un peu mais pas tant que ça. Recoleta, avec notamment la librairie Ateneo située dans un ancien théâtre, et le cimetière presque bicentenaire où sont enterrées les familles les plus célèbres du pays. Les tombes ici sont monumentales, quand il ne s'agit pas de mausolées ! Et comme pour les icebergs, la plus grande partie du cimetière est invisible, chaque monument comptant au moins deux étages souterrains de 3 mètres de haut.

Tango

La Boca, célèbre quartier populaire, dont est originaire Diego Maradona, avec bien sûr son stade de foot et ses maisons colorées... dans les 3 rues touristiques. Les autres rues sont plus grises, plus vieilles, plus authentiques mais aussi plus pauvres. San Telmo, le quartier bohême avec ses galeries et passages où se concentrent les boutiques d'artisanat. C'est un peu "the village" de ce New York d'Amérique du Sud. Dans le centre, nous visitons le théâtre Colon, inauguré en 1908. Ce théâtre où se mélangent plusieurs courants architecturaux est l'un des meilleurs au monde pour l'acoustique de sa salle. Derrière Puerto Madero, le quartier moderne au nord-est du centre, nous faisons le tour de la réserve écologique, en bordure du Rio de la Plata (c'est loin d'être exceptionnel mais nous avons au moins l'impression d'être à la campagne, à quelques encablures des tours et des grandes avenues).

De l'autre côté du Rio, à une heure de bateau, se trouve la ville de Colonia del Sacramento, en Uruguay. Son centre historique classé à l'Unesco nous fait remonter le temps jusqu'à l'époque coloniale. C'est là que nous croisons Karelle et Sébastien (rencontrés à bord du Plancius, eux aussi). Décidément, il va falloir aller très loin pour oublier l'Antarctique !

Colonia del Sacramento
San Telmo
Teatro Colón

La veille nous avons fait un détour par La Plata, une ville où les rues n'ont pas de nom, située à une soixantaine de kilomètres à l'est de Buenos Aires, pour assister au concert de U2. Après une après-midi à faire la queue au milieu des fans (venus pour certains de Colombie) nous nous retrouvons super bien placés, au pied de la scène (en réalité, la seconde scène qui fait le tour de la scène principale, entre les deux, c'est le carré V.I.P.). Cette seconde scène circulaire est reliée à la scène principale par deux passerelles mobiles. Le dispositif ainsi que les écrans circulaires qui le surplombent est impressionnant. On va en prendre plein les yeux ! Muse en première partie n'a joué que 45 minutes, c'était vraiment trop court (surtout pour certains spectateurs qui étaient venus spécialement pour eux).

U2 La Plata 2011

Quant aux Irlandais, ils ont joué environ 2 heures et quart, et malgré le côté sportif que procurent toujours les premiers rangs dans un concert de rock, c'est passé très vite aussi. Indépendamment de la musique, c'est un des concerts les plus spectaculaires auxquels j'ai assisté (peut-être avec Daft Punk et leur pyramide ?). La musique était excellente également (inutile de me dire que tout ce que sait faire the Edge à la guitare c'est le seul et même effet depuis 35 ans, je viens de le faire).

Bref, la semaine a été bien remplie. L'Antarctique n'est toujours pas oublié (je viens de revoir plein d'amis du Plancius lors d'un dernier asado chez Doug) mais je suis prêt à repartir. En mode backpacker cette fois-ci, avec 19 heures de car en direction d'Iguazu et aucune réservation à l'arrivée.