A 8 heures du matin, il fait déjà grand jour, et le temps est au Soleil ! Après un copieux petit déjeuner à l’auberge (durant tout le séjour les petits déjeuners nous nourriront suffisamment pour toute la journée), nous partons à pieds à la recherche de l’agence de location de voiture. Mais aucune agence à l’adresse indiquée ! Juste un centre commercial dans lequel nous entrons chercher quelques informations, jusqu’à ce qu’un homme nous interpelle. Il nous explique que depuis qu’il est possible de réserver par Internet, l’agence ne sert plus à rien, et c’est donc à une table de la pâtisserie du coin que nous signons les papiers pour la voiture ! Il nous met notamment en garde sur la traversée des rivières à gué et nous indique quelques zones dangereuses à éviter à cette période (je suis soulagé à la fin de sa liste qu’aucune ne se trouve sur le trajet que nous avions prévu). Des clients espagnols ont récemment dû abandonner leur voiture au milieu d’une rivière… et ce type d’ »accident » n’est pas pris en charge par les assurances. Nous voilà prévenus ! Il nous demande alors où nous allons aujourd’hui et semble surpris de la réponse. Le Snæfellsnes est en effet un peu à l’écart des principaux sites touristiques. Ayant une maison de vacances dans cette région, il nous conseille une randonnée à faire dans les environs, puis nous explique l’itinéraire à suivre pour sortir de Reykjavik. Rendez-vous ensuite sur le parking du centre commercial pour prendre possession de la voiture : c’est un 4×4 Ford Explorer, pas trop grand pour nous cinq plus les bagages et qui devrait nous permettre de traverser sans encombre les déserts et les rivières. Passage à l’auberge pour récupérer nos sacs et en route pour l’aventure, direction le nord par la route n°1 (la route principale, bitumée, qui fait le tour de l’île). Alors que nous quittons la capitale, et essayons déjà le lecteur CD de la voiture avec Arcade Fire, les premiers paysages islandais s’offrent à nous sous ce superbe ciel bleu. A gauche, l’océan Atlantique et à droite le mont Esja qui domine la ville.

Snaefellsnes
Snaefellsnes
Snaefellsnes

Pour gagner du temps, nous décidons d’emprunter le tunnel creusé sous Hvalfjörður (littéralement « le fjord des baleines »), ce qui nous évite 70 km de contournement. Nous passons ensuite près de la ville d’Akranes puis traversons le fjord Borgarfjörður par un pont cette fois. Après la ville de Borganes, nous quittons la route 1 pour la route 54 qui fait le tour de la péninsule. Depuis la route, nous distinguons nettement cette chaine de montagnes qui forme une avancée d’environ 100 km dans l’océan, avec à son extrémité le volcan Snæfell, recouvert par le glacier du même nom (Snæfellsjökull). C’est par ce volcan que les aventuriers du roman de Jules Vernes « Voyage au centre de la Terre » descendent dans les entrailles de la Terre. Le cratère d’Eldborg marque notre entrée dans la péninsule. Après un arrêt technique à la station-service-épicerie-restaurant du coin, nous repartons en direction d’Ytri-Tunga, une crique réputée pour sa colonie de phoques. La marée est basse aussi il nous faut marcher avec difficulté entre les algues et les rochers glissants qui recouvrent la côte. En vain puisque nous n’y trouverons aucun phoque. Nous reprenons la route vers l’ouest puis à proximité du Snæfell, nous bifurquons sur la piste F570 qui traverse la péninsule du sud au nord en passant au pied du volcan. La pente est raide mais notre 4×4 faisant des merveilles, nous nous retrouvons vite à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Arrêt au pied du glacier pour une petite ballade sur les névés et les roches volcaniques. Entourés par le glacier, les montagnes et l’océan, la vue est magnifique. De retour à la voiture, nous revenons sur nos traces afin de poursuivre le tour de la péninsule.

Snaefell
Snaefellsnes
Grundafjordur

Nouvel arrêt à Arnarstapi, sur la côte, pour la randonnée conseillée par notre loueur de voiture. La côte est très découpée, avec falaises, ilots et arches. On peut y admirer de nombreux oiseaux marins. Nous marchons une petite heure sur un chemin serpentant entre les roches volcaniques. Celles-ci sont recouvertes d’une mousse très molle et épaisse que nous retrouverons un peu partout sur l’ile. Au village d’Hellnar, nous faisons demi-tour. A nouveau en voiture, nous continuons sur la route 574 et arrivons à l’extrême ouest de la péninsule. Le volcan nous présente de ce côté un versant entièrement constitué de profondes coulées de lave. De l’autre côté de la route, la côte rocheuse est maintenant noire. Malheureusement il commence à se faire tard donc nous renonçons à chercher la plage de sable doré de skarsðvik qui se cache quelque part sous ces falaises de lave refroidie. Sur la côte nord de la péninsule, les montagnes plongent directement dans la mer, et la musique de Sigur Rós qui passe alors dans la voiture rend cet instant magique. Après un petit détour pour traverser le port d’Olafsvik, la forme caractéristique de Kirkjufell se dessine à l’horizon. Il s’agit d’une montagne de 463m, située sur une presqu’île dans la baie de Grundarfjörður, terme de notre première étape.

Après avoir pris possession de notre chambre à l’auberge de jeunesse, renoncé à la baignade puisque la piscine est fermée, et diné au restaurant, nous partons pour une petite ballade admirer le coucher du Soleil. Nous prenons un peu de hauteur de façon à dominer la ville et avoir une vue d’ensemble sur la baie. C’est au cœur de ce site grandiose où dansent les ombres et les lumières du crépuscule que s'achève notre première journée islandaise.

Grundafjordur