Afin de ne pas passer directement du petit village à la grande métropole, je fais étape à La Serena, ville moyenne et station balnéaire située à 500 km au nord de la capitale. Malgré le beau temps, la saison touristique est terminée depuis longtemps et tout est très calme (à l'exception des bars du centre, le soir, où toute la ville s'est donnée rendez-vous pour suivre les playoffs du championnat de foot national). Les immenses plages rectilignes balayées par les vagues, les allées de platanes et les bâtiments rouges et blancs me rappellent un peu les Landes et le Pays Basque. Le lendemain, je pars faire un tour du côté de la Cordillère dans la Vallée d'Elqui. Situé aux antipodes de Lhassa, il paraît que cet endroit bénéficie de l'énergie positive du Tibet. Je ne constate pas d'effet sur moi, mais il y en a peut-être sur les nombreuses vignes qui recouvrent cette vallée où l'on produit l'alcool national, le Pisco.

Eglise à Santiago du Chili
Palais de Justice

Même si le nuage de pollution qui recouvre la capitale chilienne n'est pas une légende, je trouve rapidement la ville de Santiago très agréable. Les maisons colorées, les rues bordées d'arbres et les nombreux parcs n'y sont pas pour rien. A quelques jours du solstice d'hiver, j'ai en plus droit à un temps exceptionnel pour la saison (25°C et soleil durant les trois premiers jours), idéal pour parcourir la ville, grimper sur ses fameuses collines et admirer les couleurs flamboyantes des liquidambars. J'ai en revanche délaissé les musées, hormis le tout nouveau musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme, consacré aux années de dictature (de 1973 à 1990). Très intéressant, mais heureusement que le Soleil brille en sortant pour ne pas tomber dans la déprime. Le beau temps a d'ailleurs repoussé l'ouverture des stations de ski toutes proches de quelques jours en raison du manque de neige. Dommage, j'aurais bien fait l'ouverture de la saison. Je fais quand même un tour de remontée mécanique en empruntant le funiculaire du Cerro San Cristobal, une montagne de 900 mètres au milieu de la ville. Le week-end, les Santiagueños y viennent en famille pour faire du sport (vélo, marche, roller, natation...), pique-niquer, ou simplement profiter de la vue sur cette cité de 5 millions d'habitants (un tiers de la population du Chili) et les sommets (d'habitude plus enneigés) de la Cordillère des Andes. Vu d'ici, le Cerro Santa Lucia, l'autre colline du centre ville, paraît minuscule. Côté ambiance et architecture il y en a pour tous les goûts : Brasil, le quartier bohême, Bellavista, le quartier branché avec tous ses bars, le Barrio Paris-Londres dans le style européen avec ses rues sinueuses, le Barrio Nueva York... Entourée de grandes rues piétionnières, la Place des Armes est considérée comme le centre du pays, et animée en permanence par des peintres, humoristes, sectes, défilés et manifestations d'étudiants. Partout durant tout mon séjour au Chili, j'ai en effet vu les universités en grève et les étudiants manifester en raison du prix des études de plus en plus élevé chaque année. Enfin, en compagnie de Katherina, je découvre des lieux moins touristiques comme el Parque del Bicentenario ou el Parque de las Esculturas et goûte quelques spécialités locales. Muchas gracias amiga !

Je continue avec de la ville pour la suite du programme : les plages de Viña del Mar et le port de Valparaiso.