Retour sur le stage d'alpinisme réalisé début septembre à Argentière, près de Chamonix.

Lundi : escalade aux Gaillands
19 ans après les séances d'escalade du Plateau d'Assy, pas très loin d'ici d'ailleurs, je repars de zéro. Escalade et descente en désescalade, moulinette et rappel. Montée en cordée où la première personne grimpe en fixant la corde et où la seconde l'assure. Lorsqu'on arrive au bout de la corde, la première personne s'attache à la paroi et assure la seconde, qui monte en récupérant les dégaines ayant servi à fixer la corde, puis dépasse l'autre et ainsi de suite.

Mardi : traversée des Crochues
Même chose que la veille, mais cette fois dans le massif des Aiguilles Rouges, à plus de 2500 mètres d'altitude et face à la chaîne du Mont-Blanc et tous ses sommets célèbres. Au retour, baignade dans les eaux vertes (et fraiches) du Lac Blanc !

Mercredi : école de glace à la Mer de Glace
Utilisation des crampons et du piolet dans des pentes de plus en plus raides le matin et escalade d'une paroi de glace l'après-midi. Géant !!!

Traversée des Crochues

Jeudi : ascension du Grand Paradis
Nous partons le matin avec 3 autres groupes en car vers le Val d'Aoste en Italie où se trouve le Grand Paradis, 4061m. Partis vers 11h d'une altitude de 1900m nous arrivons, après avoir pique-niqué, au refuge Vittorio Emanuele II à 2700m vers 14h. L'ascension étant prévue le lendemain matin, nous avons tout l'après-midi pour buller. Mais contrairement aux prévisions météo que nous avions, celles du refuge annoncent un temps plus mauvais le lendemain. Après nous avoir consulté, notre guide, Jérôme, décide de faire l'ascension dans la foulée. Nous laissons donc les affaires inutiles au refuge et partons à 15h15 vers notre premier 4000 ! Après une première partie rocailleuse, nous arrivons au pied du glacier où nous nous équipons, puis les deux cordées s'élancent à l'assaut du sommet. Les autres groupes étant restés au refuge pour tenter l'ascension le lendemain, nous sommes seuls dans ce décor irréel. La fatigue accumulée et l'altitude rendent l'ascension plus difficile mais l'effort en vaut la peine. Après la traversée de quelques crevasses sur des passages pas plus larges que deux pieds, nous atteignons une crête où une pause que nous n'espérions plus nous permet de reprendre un peu notre souffle. Le sommet est désormais en vue : cela nous donne un regain de motivation et nous fait oublier la fatigue. Un piton rocheux nous attend pour le final et il n'est pas facile à négocier sous le vent, et surtout sur la pointe des crampons ! Nous en venons tout de même à bout pendant que le brouillard nous rattrape, mais rien ne peut gâcher l'émotion indescriptible que nous ressentons au sommet. Pas question de s'éterniser là-haut, la nuit tombe et la descente du glacier se fait rapidement. En bas du glacier il fait nuit noire et c'est sous une pleine Lune et à la lueur des lampes frontales que nous regagnons le refuge, 7 heures après l'avoir quitté. Mais impossible de dormir après ça.

Au bord d'une crevasse

Vendredi : retour à Argentière
Pendant que les autres groupes font la queue pour atteindre le sommet, nous prenons le temps de faire un détour pour regagner la vallée et le car qui nous attend.

Samedi matin : Aiguille du Midi
Le stage est fini, on profite de nos forfaits pour monter à l'Aiguille du Midi (à 3800m d'altitude, face au Mont Blanc). A 3000 mètres au-dessus de Chamonix, on a vraiment l'impression d'être sur une autre planète. Le retour à Paris s'annonce difficile...

En résumé, ce fut un séjour inoubliable, fort en émotions et en très bonne compagnie (les gens qui aiment la montagne sont forcément des gens biens ;-)). J'y retourne dès que possible !

Presque arrivés
Finishers

Pour davantage de photos, voir l'album.