Un nouveau grand week-end est annoncé avec le pont du premier mai (Christina nous offre le vendredi 2). Après la côte uruguayenne, nous prenons cette fois-ci la direction des Andes pour aller visiter les parcs nationaux d'Ischigualasto et Talampaya.

Une nuit de car plus tard, nous débarquons à San Luis et montons en voiture avec Caro, Micka, Eugenia, Juan Carlos, Juan Esteban et Enrique pour la province de San Juan. Les distances en Argentine sont immenses et depuis Buenos Aires nous aurons traversé, jusqu'à San Agustin où nous attend notre auberge, environ 1400 km de pampa, soit la distance Paris - Rome ! C'est compris, la prochaine fois on attendra d'avoir les moyens de prendre l'avion.

En chemin, nous faisons une pause à Vallecito, village où se trouve le sanctuaire dédié à Difunta Correa. Selon la légende, Difunta aurait entrepris de traverser le désert avec son bébé pour suivre son mari enrôlé de force dans l'armée durant la guerre civile argentine au milieu du XIXème siècle. Elle ne survécu pas, mais lorsqu'on la retrouva, le bébé qui avait continué à boire le lait de sa mère après sa mort était toujours vivant. Son tombeau est devenu depuis un lieu de pèlerinage où de nombreux croyants viennent se recueillir et déposer en offrande des bouteilles d'eau.

Quelques heures de route plus tard, nous arrivons enfin à San Agustin de Valle Fertil, le village le plus proche du parc d'Ischigualasto (à 80 km). Le jour se termine, c'est l'occasion de prendre l'apéro à base de Fernet - Coca, le grand classique argentin, et de partager un asado avec une quinzaine d'autres pensionnaires de l'auberge.

Les parcs d'Ischigualasto et Talampaya sont voisins (au sens argentin du terme). Ils se situent de part et d'autre de la frontière entre les provinces de San Juan et de la Rioja, dans l'Ouest argentin, juste avant la Cordillère des Andes. Les paysages qui composent ces deux parcs ont été sculptés par les séismes et l'érosion du vent et de l'eau. Les tremblements de terre ont notamment fait remonter à la surface les couches géologiques du triassique (d'il y a environ 250 à 180 millions d'années) ce qui a permis la découverte de nombreux fossiles de dinosaures, parmi les plus anciens connus jusqu'à présent. Ischigualasto et Talampaya sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco depuis l'an 2000.

La visite d'Ischigualasto se fait en convoi de voitures et avec un guide. Durant 3 heures, on effectue une boucle de 40 km dans le parc, avec plusieurs arrêts. Ce parc est plus connu sous le nom de Vallée de la Lune (à ne pas confondre avec la Vallée de la Lune à la Paz en Bolivie et la Vallée de la Lune à San Pedro de Atacama au Chili) pour ses paysages... lunaires ! La visite la plus impressionnante du parc se fait d'ailleurs de nuit, lorsque la Lune est pleine. Malheureusement, ce n'était pas le cas ce week-end. Voici quelques photos des paysages et formations géologiques que l'on peut admirer dans ce parc.

Une fois de retour à San Agustin, Mariana et moi décidons de rester une nuit de plus à l'auberge pour visiter le lendemain le parc de Talampaya. Le reste de la troupe s'en va vers San Juan visiter les caves, on est en effet dans l'une des provinces viticoles du pays. Privés de voiture, nous réservons donc une "excursion" qui sera en fait une voiture avec chauffeur pour nous amener (et nous ramener) à Talampaya, à environ une heure et demi de route.

La visite se fait cette fois-ci en car, avec bien sûr quelques arrêts. Nous traversons le canyon de Talampaya, profond de 145 mètres, dans le lit du rio du même nom. Le rio est à sec, mais après de fortes pluies, toute la piste est défoncée et il faut régulièrement la reconstruire.
A l'entrée du canyon, on peut observer de nombreux pétroglyphes laissés par des peuples aborigènes. Un peu plus loin, le lieu dit "jardin botanique" est l'occasion pour le guide de nous présenter les différentes plantes qui poussent ici et leurs nombreuses propriétés nutritives et médicinales. Côté faune, nous apercevons plusieurs condors qui nichent sur les falaises, ainsi que quelques guanacos de passage.

Il est possible de poursuivre la visite à pied par une petite randonnée à l'intérieur d'un autre canyon plus étroit. Malheureusement, en raison de risques de chutes de pierres causés par des pluies récentes, cette partie du parc était fermée ce jour-là.

Et voilà, la visite est terminée. Il ne nous reste plus qu'à entamer le loooooong retour vers Buenos Aires, en passant par San Juan et San Luis et arriver presque pas en retard et presque pas fatigués lundi matin au travail !