Nous voici donc à Puno, ville de 120 000 habitants, à 3800 mètres d'altitude, au bord du lac Titicaca. Ce lac, partagé entre le Pérou et la Bolivie est le plus haut lac navigable au monde. Après avoir été accueilli à l'aube par Jenny au Kusillo's Posada (le meilleur accueil du voyage jusqu'à présent), nous embarquons à 7h30 pour un tour en bateau des îles flottantes des Uros et de l'île de Taquile.

Après avoir été vaincus par les Incas, les Uros ont fui sur le lac Titicaca où ils se sont installés. Ils ont pour cela inventé des îles flottantes, entièrement construites à partir de roseaux (totora). Il y a aujourd'hui une cinquantaine d'îles (le nombre n'est pas fixe), habitées par environ 4000 personnes. Malheureusement, la visite est ultra-touristique et on a parfois l'impression d'assister à la parade de Mickey à Disneyland... Dommage car l'endroit est unique au monde. On m'avait prévenu, mais c'était quand même quelquechose à voir. Aurait-il mieux fallu ne pas y aller et conserver l'image plus authentique et mystérieuse que j'en avais avant ?
Après un tour de l'archipel en bateau uros tout en roseaux, nous remontons à bord de notre premier bateau pour près de 3 heures de traversée avant d'arriver à Taquile. Il fait beau et c'est l'occasion de monter sur le pont profiter du paysage et discuter avec les autres passagers. 

A côté des Uros, l'île de Taquile, bien qu'attirant également de nombreux touristes, paraît bien plus tranquille. Sous un beau soleil, les paysages sont magnifiques et me rappellent un peu la Méditerranée ; on pourrait parfois se croire sur une île grecque. Après quelques kilomètres de marche à travers l'île, nous nous arrêtons pour déjeuner et avons droit ensuite à quelques danses traditionnelles (et pas de chansons du style "vamos a la playa" ou "hasta la vista baby" comme aux Uros...). De retour sur le bateau, nous ne mettons pas longtemps à piquer du nez et somnolons jusqu'à Puno. 

Les jours suivants, malgré le soroche (mal de l'altitude) et la turista qui touche la moitié de notre groupe (perso, j'ai rien eu de tout ça), nous avions prévu de nous rendre du côté bolivien du lac, afin de passer une nuit sur l'Ile du Soleil. Pas de chance pour nous, c'est jour de grève dans la région, et la route pour Copacabana en Bolivie est bloquée. Si j'ai bien compris, des indigènes péruviens protestent contre le gouvernement qui a attribué une partie de leurs terres à des compagnies minières internationales et très polluantes. Nous restons donc la matinée à Puno, à visiter notamment la cathédrale, le marché couvert et le musée de la coca et du folklore. L'après-midi, nous nous rabattons sur notre plan B, la visite de Sillustani, un site pré-inca situé sur la rive du lac Umayo, pas très loin de Puno. Encore pas de chance, l'agence qui devait nous emmener nous a menti en nous affirmant qu'il n'y avait pas de route bloquée pour aller là-bas. On passe alors au plan C et nous nous rendons aux miradors du Puma et du Condor qui dominent la ville. Nous allons au Puma en taxi mais montons les marches à pieds pour nous rendre au Condor, et à ces altitudes, la montée est plutôt physique. Cela ne nous emmpêche pas d'y retourner le lendemain matin pour admirer le lever du Soleil sur le lac Titicaca, juste avant de prendre un car pour Cuzco.