Il existe différents moyens de se rendre au Machu Picchu : l'Inca Trail (un trek de 4 jours qui suit le chemin qu'empruntaient les Incas eux-mêmes, mais qu'il est nécessaire de réserver plusieurs semaines ou mois à l'avance), divers treks alternatifs, en train, ou via une combinaison de trajets en bus, taxi et à pied, relativement long et incertain selon l'état de la piste. Nous avons opté pour le train, que nous avons pris à Ollantaytambo (beaucoup moins cher que depuis Cuzco).

Arrivés à Aguas Calientes, la ville située en contrebas du Machu Picchu, au fond d'une vallée encaissée, nous avons perdu 1500 mètres d'altitude depuis Cuzco. Le climat y est plus tropical, chaud et humide. Après quelques courses pour le lendemain, nous terminons la journée dans les sources d'eau chaude. Mais après notre soirée dans la piscine de Llahuar dans le canyon de Colca, nous sommes devenus exigeants en terme de sources d'eau chaude et sommes finalement déçus par celles d'Aguas Calientes. Ce soir-là nous nous couchons tôt, car la nuit va être courte.

Réveil à 3h30, petit déjeuner à 4h00 et départ à 4h15. Alors que les filles partent faire la queue pour prendre le premier bus montant au Machu Picchu et programmé à 5h30 (finalement elles n'auront que le 8° !), Romaric et moi partons à pied jusqu'au pont situé en bas de la montée, et devant ouvrir entre 4h30 et 5h00. Notre objectif : être dans les 400 premiers à entrer sur le site pour avoir le droit ensuite de monter au Wayna Picchu, la célèbre montagne que l'on voit derrière les ruines sur la plupart des photos. Nous ne sommes pas les premiers à attendre devant le pont, et à 4h45, celui-ci ouvre enfin. C'est parti pour 45 minutes de montée en file indienne, à la frontale. Nous obtenons finalement notre tampon pour le Wayna Picchu et à 5h45, nous pouvons contempler, aux premières lueurs du jour, les célèbres ruines. Même si j'ai déjà pu admirer la vue qui s'offre à nous des centaines de fois en photos, cela reste très émouvant. Les montagnes ici sont à pic et il est toujours incroyable d'imaginer qu'une ville ait pu être construite au milieu d'un tel paysage.

Le temps de traverser le site, nous arrivons au début du sentier menant au sommet du Wayna Picchu. Les Incas avaient déjà construit des escaliers sur le chemin. Celui-ci est très raide, mais une fois en haut, nous pouvons reprendre notre souffle tout en profitant de la vue. D'ici, elle est complètement différente, on ne distingue plus beaucoup le relief et les ruines paraissent complètement écrasées. Les terrasses en revanche ressortent beaucoup mieux. Une fois redescendus, nous rejoignons Laure et Sandrine pour une visite guidée. Pendant deux heures, notre guide Juan Carlos nous raconte l'histoire du Machu Picchu, redécouvert il y a tout juste 100 ans par l'Américain Hiram Bingham. Il nous explique les fonctions des différents quartiers et bâtiments que nous traversons, les symboles et l'architecture inca, notamment la fameuse forme trapézoïdale et l'inclinaison de 4 à 5 degrés des murs, qui permettent une meilleure résistance aux tremblements de terre.

Nous pique-niquons ensuite sur une des terrasses puis reprenons notre exploration en remontant le chemin de l'Inca jusqu'à la Porte du Soleil. C'est par là qu'arrivaient les incas pour se rendre au Machu Picchu et pouvaient enfin apercevoir pour la première fois la cité. C'est également par là qu'arrivent de nos jours les trekkers de l'Inca Trail. Je tente ensuite de monter au sommet du Machu Picchu (la montagne située face au Wayna Picchu). En passant devant la hutte du gardien, je vois que celui-ci est endormi. Si j'avais su qu'il m'aurait interdit d'y monter parcequ'il était soit-disant trop tard, je ne l'aurais pas réveillé... Je me rabats alors vers le Pont de l'Inca, un chemin empruntant une corniche à flanc de falaise, aujourd'hui condamné, et passe mes derniers moments au Machu Picchu à errer au milieu des ruines, désertées par les touristes après 16 heures, jusqu'à la fermeture du site.

Après en avoir rêvé depuis si longtemps, j'aurais pu être déçu par la visite du Machu Picchu. Mais au contraire, j'ai adoré et ai vécu cette journée à fond. Je serais même bien resté plus longtemps. Il paraît d'ailleurs que certaines personnes se font volontairement enfermer sur le site le soir pour y passer la nuit... Je ne peux que regretter de ne pas m'y être rendu en faisant le trek, mais ce sera l'occasion de revenir dans la région et d'aller à Choquequirao, cet "autre Machu Picchu", seulement accessible après trois jours de marche !